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Quels muscles travaille-t-on en natation (crawl) ?

En natation (crawl), coiffe des rotateurs, triceps, grand pectoral, grand dorsal et obliques sont des moteurs principaux, niveau 3 sur 3. Le crawl est une nage de tirage. La propulsion vient des bras et du haut du dos, où le grand dorsal, le grand pectoral et le triceps se relaient à chaque cycle, pendant que la rotation du buste transfère l'appui d'un côté à l'autre.

Ces informations sont fournies à titre pédagogique. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un kinésithérapeute, en particulier en cas de douleur, de blessure ou de pathologie.

Natation, crawl en bref

Le crawl est la nage la plus enseignée en France et celle qui charge le plus le haut du corps. La main entre devant l'épaule puis balaie sous le corps jusqu'à la cuisse, un trajet qui porte le grand dorsal, le grand pectoral et le triceps au niveau de moteur principal.

Vous ne nagez pas à plat. Le buste roule d'un côté puis de l'autre à chaque appui pour aller chercher de la longueur, et cette rotation autour de l'axe du corps est ce qui amène les obliques au même niveau que les bras, un résultat que la brasse ne donne jamais.

Le bas du corps reste volontairement discret dans cette notation. Chez un nageur de loisir, le battement de jambes tient l'alignement du bassin bien plus qu'il ne propulse, si bien que le quadriceps s'arrête au niveau 2 et que les mollets restent accessoires. Le crawl renforce donc le dos, les épaules et les bras, sans rien apporter à l'os puisque l'appui au sol disparaît.

Les muscles sollicités en natation (crawl)

De face

De dos

Les deux silhouettes montrent le niveau d'implication de chaque groupe musculaire, de 0 à 3.

  • 3 Moteur principal
  • 2 Moteur secondaire
  • 1 Stabilisateur ou accessoire
  • 0 Peu ou pas sollicité
  • Muscle profond, estimé par analyse du mouvement
Niveau d'implication des 30 groupes musculaires en natation (crawl), sur une échelle de 0 à 3.
Groupe musculaireNiveau
Fléchisseurs du cou1 Stabilisateur ou accessoire
Extenseurs de la nuque1 Stabilisateur ou accessoire
Deltoïde antérieur2 Moteur secondaire
Deltoïde latéral2 Moteur secondaire
Deltoïde postérieur2 Moteur secondaire
Coiffe des rotateurs3 Moteur principal estimé par analyse du mouvement
Biceps2 Moteur secondaire
Triceps3 Moteur principal
Fléchisseurs de l'avant-bras et des doigts2 Moteur secondaire
Extenseurs de l'avant-bras1 Stabilisateur ou accessoire
Grand pectoral3 Moteur principal
Dentelé antérieur et petit pectoral2 Moteur secondaire estimé par analyse du mouvement
Grand dorsal3 Moteur principal
Trapèzes2 Moteur secondaire
Rhomboïdes2 Moteur secondaire estimé par analyse du mouvement
Érecteurs du rachis2 Moteur secondaire
Grand droit de l'abdomen2 Moteur secondaire
Obliques3 Moteur principal
Transverse et plancher pelvien2 Moteur secondaire estimé par analyse du mouvement
Grand fessier2 Moteur secondaire
Moyen et petit fessiers1 Stabilisateur ou accessoire
Psoas-iliaque2 Moteur secondaire estimé par analyse du mouvement
Adducteurs1 Stabilisateur ou accessoire
Rotateurs externes de hanche1 Stabilisateur ou accessoire estimé par analyse du mouvement
Quadriceps2 Moteur secondaire
Ischio-jambiers1 Stabilisateur ou accessoire
Mollets (triceps sural)1 Stabilisateur ou accessoire
Tibial antérieur1 Stabilisateur ou accessoire
Fibulaires1 Stabilisateur ou accessoire estimé par analyse du mouvement
Muscles intrinsèques du pied1 Stabilisateur ou accessoire estimé par analyse du mouvement

Les groupes profonds notés 0 sur cette fiche sont estimés par analyse du mouvement, ils ne sont pas mesurables en surface.

Profil d'effort

Cardio3

Force2

Souplesse2

Coordination3

Impact0

5,8 à 14,5 MET

Le profil d'effort décrit le type d'effort, pas les muscles. Il ne se mélange jamais avec le niveau d'implication.

Les moteurs principaux

Coiffe des rotateurs, triceps, grand pectoral, grand dorsal, obliques.

Ce que ce sport ne travaille pas

Le crawl laisse de côté le bas du corps : les mollets (triceps sural), les ischio-jambiers et les muscles intrinsèques du pied travaillent peu, les extenseurs de l'avant-bras restent en retrait, et l'absence d'impact au sol ménage les articulations sans rien apporter à l'os.

En pratique

Une heure de crawl passe le bras au-dessus de l'horizontale plusieurs milliers de fois, et c'est la gêne d'épaule que les nageurs de club rapportent le plus souvent. Deux réglages diminuent la contrainte sans toucher à votre volume d'entraînement. Entrez la main dans l'axe de l'épaule plutôt qu'en travers de la tête, et respirez des deux côtés pour ne pas charger toujours le même appui. À sec, la coiffe des rotateurs et les rhomboïdes, deux groupes profonds que cette fiche estime par analyse du mouvement, méritent un travail à part, parce que le crawl tire beaucoup vers l'avant et pousse très peu vers l'arrière.

Questions fréquentes en natation (crawl)

Le crawl fait-il travailler les abdominaux ?

Le crawl sollicite les obliques au niveau 3, le plus haut de l'échelle, parce que le buste tourne autour de son axe à chaque appui de bras et transmet cette rotation du bassin aux épaules. Le grand droit de l'abdomen, lui, reste au niveau 2 : il tient l'alignement du corps sur l'eau sans jamais produire le mouvement. Vous travaillez donc la taille davantage que la sangle avant.

Le crawl suffit-il à muscler les jambes ?

Non, et la notation le dit clairement. Le quadriceps s'arrête au niveau 2, les ischio-jambiers et les mollets au niveau 1, parce que le battement sert l'alignement du bassin plus que la propulsion chez un nageur de loisir. Ajoutez du vélo, de la course ou du renforcement au poids du corps si vous cherchez un effet sur la jambe. La portance de l'eau supprime aussi l'appui au sol, donc le crawl ne stimule pas l'os.

Pourquoi la fiche du crawl affiche-t-elle un niveau de preuve A ?

Parce que quatre travaux d'électromyographie de surface portant précisément sur le crawl figurent dans la bibliographie de cet outil, dont une revue systématique de l'EMG subaquatique. Ils mesurent le grand pectoral, le grand dorsal, le triceps, le biceps et les fléchisseurs de l'avant-bras. Les groupes profonds de la fiche restent estimés par analyse articulaire du geste, car une électrode de surface ne les atteint pas.

Sports proches

Variantes

Voir aussi : « Natation, brasse » et « Natation, papillon ».

Méthode et sources

Niveau de preuve A

Note de méthode

Les niveaux des muscles de surface suivent les sEMG de crawl de Stirn 2011, Ikuta 2012 et la revue de Martens 2015, qui mesurent le grand pectoral, le grand dorsal, le triceps, les fléchisseurs de l'avant-bras et le biceps. Tous les groupes profonds de cette fiche sont posés par analyse articulaire du geste et jamais par une électrode de surface, qui ne les atteint pas : la coiffe des rotateurs est à 3 parce que le cycle de bras est une rotation interne puis externe de l'épaule sous charge répétée des milliers de fois, et le dentelé antérieur, le transverse et le psoas-iliaque sont à 2 pour le maintien de l'alignement, sans qu'aucune étude EMG ne leur soit attribuée. Le bas du corps reste volontairement modeste, règles R1 et R2 : chez un nageur loisir le battement de jambes sert l'alignement plus que la propulsion.

Sources

  • Stirn I., Jarm T., Kapus V., Strojnik V., 2011.
  • Ikuta Y., Matsuda Y., Yamada Y., Kida N., Oda S., Moritani T., 2012.
  • Martens J., Daly D., Deschamps K., Fernandes R. J., Staes F., 2015.
  • Kwok W. Y., So B. C. L., Ng S. M. S., 2023.

Bibliographie

Comparer Natation, crawl avec un autre sport Retour à Muscles par sport Haut de page